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   Georges est né en 1870 de paysans pauvres dans un village viticole aux confins de la Gascogne, de la Bigorre et du Béarn.
   Très tôt, il sent peser sur lui l’aversion de sa mère, une paysanne à la forte personnalité qui écrase celle du père. L’enfant est promis à être une tête brûlée et un vaurien aux instincts primitifs.
   Mais la rencontre fortuite avec Raphaëlle, la fille des châtelains va marquer sa mémoire et lui faire pressentir qu’une autre vie existe. De même, la naissance d’un petit frère très doué et chéri de sa mère, celui-là, va éveiller en lui une jalousie furieuse. Ces deux faits entraîneront chez lui le désir ardent de réussir. Une visite épiscopale au village lui donne l’occasion inattendue de briller et le voilà propulsé au séminaire où il découvre le bonheur de l’ascension sociale et de la culture. Mais après la mort du père, la mère le ramène sans ménagements « au cul des vaches ». La frustration est insupportable. Elle le livre à une violence de forcené dont les animaux et les femmes seront les principales victimes. Attachée à lui nuire – du moins le croit-il – sa mère fait échouer son mariage avec une très jolie fille, victime elle aussi de l’ordre des choses et des mentalités.

RAPHAËLLE ou l’Ordre des Choses : SYNOPSIS

Potos Louis de Nodrest & Jean Claude Dutrieux
  Georges se retrouve finalement fermier de la grande propriété des Biran, symbole de notabilité. Mais, malgré son énergie et sa colère, la tâche est trop lourde. Ce sera là encore un échec même s’il a pu se faire aider par la Mancogne, cette femme monstrueuse qui l’avait déniaisé à douze ans.
   Et voilà que le retour au château des trois jumelles, sœurs de Raphaëlle, l’amour d’enfance de Georges (celle que dans son cœur, il appelle Aile) va déchaîner la rumeur : Raphaëlle serait retenue prisonnière à l’insu de tous.

Dès lors, il exprime sa rage dans un journal qu’il destine à sa mère et qui est le texte du roman. On y voit les moyens mis en œuvre pour briser la malédiction qui le voue à l’échec.
   C’est d’abord la poursuite d’une réussite sociale qui pourrait aboutir s’il trouvait le plant de vigne capable de résister au phylloxéra. Pour ses expériences, il aurait besoin d’une association avec un riche propriétaire : M. Biran, sans doute son véritable père. Mais celui-ci aussi est emporté par la débâcle et il meurt sans avoir reconnu celui qui n’attendait que cela.

Mais le village est en émoi : le château brûle. Georges se précipite. Il veut sauver Raphaëlle. Il parvient dans sa chambre. Elle est vide. Aile s’est-elle envolée ? A-t-elle jamais été là ? Georges a exploré en vain toutes les espérances. Il ne lui reste plus que le puits.

Contre l’ordre des choses, il n’aura eu que le choix du moment où tirer sa révérence et la possibilité d’émettre ce long cri de révolte et de souffrance         

illustration Christian Banes

Georges va alors passer une grande partie de ses nuits à veiller au pied du château dans l’espoir d’un signe qui confirmerait la présence de celle dont il n’a cessé de rêver et d’un hasard qui lui donnerait l’occasion de la délivrer.
   Ses affaires vont de mal en pis et il est contraint d’accepter le chantier que lui propose la mairie : le creusement d’un puits. La tâche se révèle titanesque. Pourtant, après bien des efforts et des abandons, Georges finit par atteindre la nappe d’eau. Il remonte à la surface pour annoncer la bonne nouvelle s’attendant à être accueilli en triomphateur.